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L'homme, depuis qu'il a émergé de la longue lignée animale ancestrale, a entraîné dans son évolution les instincts animaux nécessaires à la perpétuation de toute vie. Instincts qui donnent à la vie sa force et sa saveur.
Nos aïeux préhistoriques ne connaissaient pas encore nos contraintes culturelles. Le mâle chassait pour lui, pour ses femelles, pour ses petits, et s'il convoitait une femelle, s'en emparait, à moins qu'un rival plus fort ne parvînt à l'éliminer. Ainsi des grands cerfs des forêts au moment du rut auprès des biches.
Dans la horde primitive que Darwin a évoquée et dont nous retrouvons de nos jours le reflet dans la horde de nos cousins les grands anthropoïdes, pères et fils n'étaient originairement que mâles rivaux auprès des femelles.
Ce n'est qu'après le meurtre, par les fils conjurés, du père despotique, qu'un contrat, le premier contrat social, semble avoir lié entre eux les frères triomphants, leur interdisant, condition de la vie en commun, le retour du parricide initial sous le mode symbolique du respect dû à l'animal totem, cet ancêtre imaginaire du clan, et la possession des femmes de ce même clan, créant le tabou de l'exogamie (1).
On sait avec quelle rigueur, de nos jours encore, chez les dits primitifs, ce tabou étendu de l'inceste, qui sévit tant de siècles chez nos lointains ancêtres, peut de nos jours encore se venger.
Mais, au cours des âges, des sociétés plus complexes se formèrent. Et, suivant les temps et les climats, des interdictions diverses s'opposèrent aux éternels instincts que la biologie impose à l'homme, interdictions sanctionnées ou infractions permises suivant les divers dieux qu'érigèrent les hommes. L'agression la plus sauvage, chez les Anciens, l'agression des puissants contre les faibles, était souvent sanctifiée, officialisée : à témoin ces stèles d'Égypte où l'on voit le Pharaon tranchant