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Au cours de ces dernières années, nous assistons à un déplacement massif de l'intérêt des psychanalystes vers les phases les plus primitives du développement affectif L'origine principale de ce mouvement réside, nous semble-t-il, dans les difficultés pratiques que nous rencontrons au cours de nos traitements. Il règne, en effet, parmi les analystes, un certain malaise quant à l'efficacité thérapeutique de la technique psychanalytique classique. Ge malaise se traduit objectivement : tout d'abord, par l'augmentation à peu près générale de la durée des traitements, mais aussi par l'apparition, dans la littérature psychanalytique contemporaine, de diagnostics nouveaux, tels que : états limites (« borderline states »), psychoses latentes, névrose d'abandon, névroses orales, etc., tous diagnostics qui sont, très souvent, posés tardivement au cours du traitement. Il est d'ailleurs surprenant de constater cette tendance presque universelle à formuler, sous forme de diagnostics psychiatriques, des observations recueillies dans cette situation spéciale que constitue la cure psychanalytique.
Par ailleurs, la diversité de ces entités nosographiques nouvelles ne correspond pas à la réalité clinique objective, mais plutôt aux différents angles sous lesquels cette réalité peut être envisagée, et bien que la notion d'états intermédiaires entre névroses et psychoses s'impose de plus en plus, il n'est heureusement pas encore indispensable de faire appel à ces diagnostics nouveaux pour expliquer nos échecs thérapeutiques dans les névroses classiques.
Le présent travail se propose, au contraire, de montrer que les