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Nous remercions le prince Michel de Bourbon qui nous a permis d'extraire de son livre En parachute (1) où il relate ses aventures en Indochine, le passage suivant. Parachutiste en 1945, il fut fait prisonnier du Viet Minh, puis s'évada et durant plusieurs mois resta perdu dans la jungle.
« La pluie ayant cessé, nous avons repris notre route et fait halte le soir auprès d'un marais. L'état de nos chaussures était de plus en plus déplorable. Un seul d'entre nous avait encore aux pieds quelque chose qui ressemblait à des souliers. Je venais en second, avec des semelles attachées aux pieds par des bandelettes taillées dans ma chemise. Les autres n'avaient rien, ils étaient nu-pieds. »
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« Subitement, un bruit bizarre vint à mes oreilles, cela ressemblait au son d'une trompette et devenait de plus en plus ample, Martin et moi sommes partis nous rendre compte de ce que ce pouvait être. D'une hauteur où nous étions grimpés, nous avons vu un très curieux spectacle. Une clairière s'étendait en bas devant nous, avec d'un côté, le marais, les trois autres entourés de buissons de bambous. Au milieu de la clairière était rassemblée une troupe d'éléphants de toutes tailles. Ils se tenaient tous absolument tranquilles et je craignais qu'ils ne nous aient entendus. Ils s'occupaient bien de nous ! Toute leur attention était concentrée sur un gigantesque éléphant, aux défenses immenses. Deux éléphants, un peu plus petits, se tenaient debout contre lui des deux côtés et le soutenaient comme on soutient un homme ivre. Derrière lui, un troisième animal le poussait lentement en avant, en appuyant sa tête contre lui.