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La rencontre de la psychanalyse et de la sociologie est une rencontre naturelle. L'homme en est le commun objet et toutes deux s'offrent à nous comme témoins de la moderne conquête de l'homme par l'homme.
Cette rencontre, pourtant difficile, la psychanalyse en la personne de Freud en a fait les premières démarches. A peine la méthode de la psychanalyse était-elle acquise, sa technique établie et les fondements de la psychologie analytique posés, que Freud établissait, en écrivant Totem et Tabou, la première jonction avec l'anthropologie. La série des écrits « sociologiques » qui ont suivi montre assez clairement en quelle importance Freud tenait ces problèmes, qui n'ont pas, depuis lors, cessé d'occuper l'esprit des psychanalystes.
Il n'est pas nécessaire d'être grand clerc en psychanalyse pour saisir ce que celle-ci peut apporter à la sociologie. En fait elle lui donne une dimension nouvelle.
Pour commencer, à la compréhension de ces manifestations collectives hautement élaborées que sont les mythes, par exemple, la psychanalyse a fourni une clé, qui est celle de la compréhension des rêves. Et les mythes en effet se. peuvent comprendre et analyser, en leur sens comme dans les cheminements de leur élaboration, tout comme s'analysent, depuis 1900 (2), les rêves (3). Le Symbolisme est la dimension nouvelle que l'analyse introduit en leur exégèse. Ces mythes, nous ne les entendions qu'à demi. Compris et analysés, ils retrouvent leur place naturelle au sein des productions humaines.
C'est par une même démarche que la psychanalyse a enrichi la