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Dans le numéro d'octobre-décembre 1956 de cette revue. M. Pierre Badin critique l'hypothèse que nous avions émise dans un numéro antérieur en ce qui concerne l'appui fourni par l'étude des contrats de mariage aux théories d'Hélène Deutsch sur le caractère féminin. Sans vouloir engager une discussion qui serait trop longue ici, nous aimerions indiquer en quoi sa critique ne nous paraît pas convaincante.
Cette critique repose sur trois arguments:
1° En France ce ne seraient pas les jeunes mariés qui choisiraient le régime matrimonial, mais leurs pères.
2° Nos résultats français ne seraient pas valables pour les pays où le régime de séparation de biens est le régime de droit commun.
3° Le fait que les femmes exercent de plus en plus une activité professionnelle au moment de leur mariage conduirait au renforcement de leurs exigences en l'espèce.
Or il se trouve que ces trois arguments ne sont pas fondés:
1° Si M. Badin avait pu, comme nous, assister dans des Études de notaires à plusieurs centaines de visites de futurs époux et à la genèse de leurs conventions matrimoniales, il se serait rendu compte que, sauf dans quelques rares familles, les parents ne jouent plus en l'espèce le rôle qu'avaient les parents de l'époque de Balzac et que, dans la quasitotalité des cas, ils sont absents tant aux rendez-vous où se discutent les régimes à adopter qu'aux rendez-vous de signature des contrats de mariage.
2° Si les époux ne peuvent évidemment choisir un régime de communauté, dans les pays où la séparation de biens est de droit, il n'en demeure pas moins vrai que lorsque le choix leur en est ouvert, ils choisissent dans ces pays également la communauté avec administration maritale. Il en est ainsi dans ceux des états d'Amérique du Nord qui admettent un contrat de mariage comparable au nôtre: en Louisiane par exemple, le régime de la séparation de biens n'est choisi que de façon tout à fait exceptionnelle. L'argument tiré du fait qu'en France le régime de communauté par contrat de mari