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Comme tous les vastes esprits à qui « rien de ce qui est humain n'est étranger » (Terence), les poètes tragiques grecs du Ve siècle avant notre ère, Eschyle, Sophocle et Euripide, sont parvenus à concevoir les personnages de leurs tragédies et à décrire leur comportement d'une manière si véridique, si représentative et, pour ainsi dire, archétypique, que, malgré, les particularités des réactions affectives en rapport avec le milieu social et les idées régnantes à l'époque, il subsisté un fond d'universalité dans la structure psychique de ces personnages, qui défie les siècles et frappe la mémoire collective. Dans les drames antiques, en effet, sont représentés les conflits de l'inconscient sous une forme accessible et apte à émouvoir, à travers leurs symbolismes, un grand nombre de gens de toutes les époques et de tous les pays.
Eschyle dans le. drame Les Suppliantes, qui a trait à l'aventure des Danaïdes, les cinquante filles du roi de Libye, Danaos, qu'il a eues avec différentes femmes, s'est indubitablement servi des données fournies par la légende et la tradition mythique, mais il a su les façonner avec une telle perspicacité psychologique qu'il est arrivé à représenter sur scène et à dramatiser ce qu'il y a de particulier dans la personnalité des femmes qui ont peur de la maternité avec négation de leur rôle de partenaire sexuel (frigidité) et attitude agressive envers le sexe masculin [complexe de virilité d'après Marie Bonaparte (De la sexualité de la femme, P. U. F.) ou complexe de Diane, d'après Charles Baudouin (L'âme enfantine et la psychanalyse, I: Complexes, Genève)]. « Le complexe de virilité », nous dit Hélène Deutsch (La psychologie des femmes, P. U. F., I, p. 428), « se caractérise par la prédominance de tendances actives et agressives