You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Est-il possible de se psychanalyser soi-même? Le but de cet ouvrage — qui a connu dès sa publication qui remonte à 1942 un vif succès dans les pays de langue anglaise — est « de formuler la question et d'encourager les efforts pour établir une technique d'auto-examen, plutôt que d'apporter une réponse bien nette » (p. 6). Cette question même, à vrai dire, l'auteur n'aurait pas osé la poser a priori: ce n'est qu'encouragée par des tentatives d'auto-analyse effectuées par quelques-uns de ses patients qu'elle y a été peu à peu induite. Cela dit, elle reconnaît qu'en tout état de cause une telle recherche implique un postulat optimiste sur les possibilités de développement humain spontané.
Elle ne prétend nullement d'ailleurs offrir un substitut de l'art de l'expert: une analyse pratiquée sous la direction d'un psychanalyste sera toujours plus sûre, plus rigoureuse et plus approfondie qu'une auto-analyse; elle désire seulement permettre, si cela se peut par ce moyen, une plus large utilisation pratique des acquisitions de la psychanalyse. L'opportunité de ce projet ne fait guère de doute, non seulement en raison des facteurs extérieurs qui interdisent au plus grand nombre de bénéficier de ces acquisitions, mais parce qu'intrinsèquement elle a la certitude que Fauto-analyse n'est ni dangereuse, ni débilitante, bien au contraire.
K. Horney n'aborde les problèmes de l'auto-analyse qu'après avoir longuement rappelé sa théorie de la dynamique des névroses (chap. I à VI), les conditions générales du traitement psychanalytique classique et ses moyens spécifiques. Elle insiste surtout sur la complexité et l'originalité de chaque cas qui font qu'il ne peut y avoir de chemin tout tracé pour personne. Cette nécessité d'avoir chaque fois à inventer, au moins dans une large mesure, le chemin de l'analyse, enlève de son audace à l'idée de l'auto-analyse. Et cela d'autant plus que l'expérience analytique, souligne-t-on, n'est pas fondamentalement différente des situations vitales. Point