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L'angoisse de séparation est décrite comme un état émotionnel pathologique caractérisé par une relation mère-enfant de dépendance mutuelle hostile et par un besoin intense de vivre rapprochés de façon quasi permanente.
La plupart du temps, c'est le refus obstiné de l'enfant d'aller à l'école ou, quand il y est, son excessive nostalgie de la maison (homesickness) qui témoignent de l'existence d'une angoisse de séparation d'avec la mère.
Il ne s'agit pas pour l'enfant d'éviter l'école ou d'en avoir peur: c'est la présence physique de la mère qu'il recherche. A la maison, l'enfant « ne quitte pas les jupes » de sa mère, qui non seulement permet ce comportement, mais en est ravie et l'y encourage.
Il n'est pas douteux que l'enfant a une attitude extrêmement ambivalente à l'égard de la mère et qu'il ressent d'autant plus le besoin de ne jamais la quitter qu'il puise dans cette présence permanente l'assurance que les désirs inconscients de mort ne sont pas réalisés.
Dans tous les cas, il s'agit d'une « névrose à deux » dont la genèse est imputable à l'élément inducteur: la mère.
Les symptômes de l'enfant ne peuvent être compris qu'à travers ceux de la mère. Comment celle-ci parvient-elle à ses fins inconscientes de domination de l'enfant ?
Hyperprotective, allant au-devant de tout désir, comblant tous les besoins et au delà, encourageant sa dépendance et accroissant de mille façons le besoin naturel que l'enfant a de sa mère. Tous les prétextes sont bons pour que l'enfant reste à la maison: les maux de tête, de gorge ou d'estomac, le moindre bobo sont autant d'occasions de garder l'enfant à la maison, mieux, au ht, étroitement sous sa coupe. La mère est généralement elle-même malheureuse, très souvent déçue par son mariage, et frigide. La domination agressive de l'enfant est une compensation névrotique typique.
Un cas clinique et quelques amusants dessins illustrent ce travail qui conclut à la nécessité d'une psychothérapie intensive de la mère et de l'enfant.