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Le jeune Jacques, dont nous allons relater le traitement, avait il ans lorsque apparurent chez lui les obsessions qui l'amenèrent à consulter le Dr Lebovici, à l'Hôpital des Enfants Malades. En dehors d'une compulsion au lavage des mains répété, il ne parvenait pas à se débarrasser de l'idée qu'il avait avalé un os en mangeant un aliment qui ne pouvait manifestement pas en contenir, tel que le fromage. Cette idée s'imposait à lui de manière si impérieuse qu'il était obligé de l'exprimer sans cesse à sa mère, en lui demandant de le rassurer. Celle-ci essayait de le rassurer, y parvenait à demi, jusqu'au jour où, en dépit de ses arguments, il finit par se faire vomir volontairement, et la mère s'inquiéta.
En fait, nous devions apprendre plus tard par une conversation avec le père de Jacques, que le domaine des obsessions ne s'arrêtait pas là. L'enfant craignait le contact, et même la vue des eaux sales, des poussières. Il avait peur d'être empoisonné, de mourir. Les autres pouvaient eux aussi être éclaboussés, salis et leur mort s'ensuivre. Là encore la mère devait inlassablement le convaincre qu'il n'en serait rien.
Il ne présentait par contre aucune formation réactionnelle, ni rites ni tics conjuratoires, ni d'indécision ni de scrupules.
Doué d'une intelligence supérieure selon les tests, Jacques après une 6e un peu laborieuse, entrait en 5e dans un collège technique. Enfant unique, il n'avait jusque-là présenté aucune difficulté particulière dans aucun domaine que ce soit, et n'avait pas été soumis à des règles d'hygiène et de propreté plus stricte que la plupart des enfants.