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Jean-Pierre, né le 14 juin 1936, avait donc 18 ans lorsqu'il a été examiné pour la première fois en septembre 1954. Il était amené de province par ses parents pour des tics durant depuis des années, mais qui s'étaient aggravés au point de rendre toute scolarité impossible à un enfant dont les études avaient été, jusqu'à l'année précédente, fort brillantes.
Lorsqu'il a été examiné pour la première fois, lès tics étaient de deux types: les premiers, céphaliques à dominante faciale, comportaient des secousses de la tête vers la droite avec clignement des yeux et rotation des globes oculaires, mouvements saccadés des sourcils et grimace de la bouche avec contraction intense des muscles péribuccaux vers la gauche. Ces secousses musculaires s'accompagnaient de tics phonatoires très. bruyants ayant l'apparence, les uns d'une toux spasmodique, les autres d'un grognement rappelant le cri du phoque en un peu plus sourd.
Ces tics avaient débuté à l'âge de sept ans dans des circonstances sur lesquelles nous seront appelés à revenir.
Jean-Pierre est l'aîné de deux garçons d'une famille normalement constituée et raisonnablement unie.
Le père a, au jour de l'examen, 45 ans. Il dirige une assez importante exploitation forestière familiale. C'est un homme grand, athlétique, lourd, au visage coloré et autoritaire. Il n'est patient, ni avec son personnel ni avec ses enfants. Travailleur acharné il est peu souvent à la maison en période de coupes. Il veille pourtant beaucoup à l'éducation de ses garçons qu'il mène de façon très autoritaire et exigeante. Il a eu dès son enfance un tic des sourcils qui persiste encore aujourd'hui.