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Dans l'introduction à son article publié dans le présent numéro de la Revue française de Psychanalyse, P. Lacombe fait allusion à une correspondance échangée entre Einstein et Freud. Nous avons cru que nos lecteurs seraient intéressés par la publication de la traduction de la lettre de Sigmund Freud en réponse aux questions posées par Einstein au nom de l'Institut international de Coopération intellectuelle en 1932.
Vienne, septembre 1932.
Cher Monsieur Einstein,
En apprenant que vous aviez l'intention de m'inviter à un échange de vues sur un sujet auquel vous accordez votre intérêt et qui vous semble mériter aussi l'attention d'autres personnes, je n'ai pas hésité à me prêter à cet entretien. Je présumais que vous choisiriez un problème qui fût aux confins de ce que l'on peut connaître aujourd'hui, et auquel nous pussions l'un et l'autre, le physicien et le psychologue, accéder chacun par sa propre voie, de manière à nous rencontrer sur le même terrain, tout en partant de régions différentes. Aussi m'avez vous surpris en me posant la question de savoir ce que l'on peut faire pour libérer les humains de la menace de la guerre. J'ai été tout d'abord effrayé de mon — j'allais dire de notre — incompétence, car je voyais là une tâche pratique dont l'apanage revenait aux hommes d'État. Mais je me suis rendu compte que vous n'aviez pas soulevé la question en tant qu'homme de science et physicien, mais comme ami des humains répondant à l'invitation de la Société des Nations, tel l'explorateur Fridtjof Nansen lorsqu'il entreprit de venir en aide aux affamés et aux