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C'est autour des découvertes psychanalytiques que la notion de Morale sam péché a trouvé un regain d'actualité. Si cette notion heurte dans sa brutalité un peu équivoque la conscience des catholiques, il est cependant de mauvaise méthode, sous prétexte de refuser une conclusion, de ne pas regarder avec attention les prémisses sur lesquelles cette conclusion entend se fonder.
Je suis venu participer ce soir à vos travaux en tant que psychanalyste freudien. La brièveté de l'exposé que j'ai à vous faire m'interdit les longs et peut-être nécessaires développements qu'un tel sujet imposerait. Je me bornerai à vous proposer un effort de méthode pour ne pas confondre deux ordres de choses : affirmer, d'une part, l'originalité de l'apport exact de l'expérience analytique, expérience qui a sa méthode propre ; et, d'autre part, restituer au plan spéculatif et philosophique ce qui est son bien propre quand un penseur, fût-ce un analyste, tente un effort de synthèse de l'homme.
La psychanalyse est un sujet facile de conversation. Mais, quand il s'agit de se mettre à son étude, c'est un sujet difficile. Essayons d'y voir clair et d'être précis.
La psychanalyse est un certain savoir psychologique et c'est aussi une méthode thérapeutique.
En tant que savoir psychologique, elle apporte une donnée qu'il n'est plus possible de négliger dans l'étude de tout comportement humain, et en particulier du comportement qui nous occupe ce soir : avoir ou ne pas avoir le sens du péché. Elle n'a pas à juger de la valeur de ce comportement. C'est le rôle du moraliste et du théologien. Mais ceux-ci ont intérêt à connaître toute l'élaboration actuelle des données psychologiques sur lesquelles nécessairement ils s'appuient quand ils s'intéressent à l'homme.