You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
La jeune malade que vient de vous décrire Mme le Dr Michel-Wolfromm nous a posé, dès avant de la voir, un problème de technique. Nous savions qu'il s'agissait d'une personne que son médecin souhaitait voir prise en mains, d'où la nécessité de garder intactes au delà de la perspective diagnostique toutes possibilités thérapeutiques. D'autre part, on nous priait de ne pas demander d'honoraires, au moins pour le temps consacré au diagnostic, et nous étions informé des apparentes complications qui s'étaient produites autour du paiement de son médecin. Par ailleurs, nous connaissions le point de vue psychogénétique du gynécologue et nous savions qu'un interrogatoire mettant à jour la biographie de cette patiente avait été fait. Pour toutes ces raisons, nous avons décidé de renoncer à un interrogatoire et de manier ces conversations selon une technique assez proche de la technique analytique afin de montrer comment celle-ci permettait d'emblée, à travers la relation humaine établie avec le médecin et l'ordre des associations d'idées, d'atteindre, avec assez de certitude, la structuration d'une personnalité et de ses conflits. Nous avons été aidé dans notre tâche par une « disposition au transfert » toute particulière, sur la signification de laquelle nous reviendrons. C'est donc le contenu presque intégral (1) de cinq séances consécutives que nous allons vous donner, avec, au fur et à mesure, des commentaires qui vous permettront, tant bien que mal, de suivre en même temps notre propre pensée, telle que nous avons pu la rétablir.
Nous sommes frappé dès notre premier contact, dans le salon d'attente, par la beauté particulière de Louisette qui allie au charme de la jeunesse la régularité et l'apprêt d'un visage savamment composé. Vêtue avec beaucoup d'élégance, elle peut faire craindre derrière cette apparence très féminine une sécheresse et une absence de réelle féminité. Dans le trajet du salon au bureau, sa démarche paraît très étudiée mais non soudée, donnant plutôt l'i