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Ce livre sur le plaisir et le déplaisir (1) cherche à élargir la conception trop physico-physiologique de Freud. Il est plein d'aperçus originaux et mérite une étude approfondie.
Son auteur d'origine hongroise a fait ses études de médecine à Cincinnati, puis après avoir été instruit à l'Institut de Psychanalyse de Chicago, il y a enseigné pendant cinq ans. Avant d'avoir écrit le présent livre, il a publié une série de brillants essais dans diverses revues psychiatriques américaines. Ce livre écrit clairement, divisé en chapitres et paragraphes, se termine par une abondante bibliographie, un index d'auteurs et un index de sujets qui en rendent l'étude facile.
Reprenant une idée de B. Russell (A History of Western Philosophy, 1945), il distingue les faits privés (acquis par introspection) des faits sociaux (observés sur autrui) et pense que l'essence de la psychologie se rapporte à la première série d'observations. La distinction entre la douleur psychogène et la douleur organique est un problème riche de tradition qui a empoisonné la médecine comme la psychiatrie. Une façon de le clarifier ou de le contourner consisterait à distinguer d'une part les affects en tant qu'expérience du moi et d'autre part ces mêmes faits observés et jugés par un observateur extérieur au moi. La situation analytique se prête particulièrement à l'étude de ces deux perspectives.
S. classe la douleur comme un affect au sens psychanalytique du terme, par conséquent il doit aussi être étudié dans ses rapports avec le moi. Comme l'anxiété il est avant tout un signal d'alarme ; mais tandis que l'anxiété nous renseigne sur les dangers extérieurs et les pulsions libidinales, la douleur nous avertit des désordres du corps. Elle est une communication d'une partie de notre organisme indiquant aux centres nerveux une excitation trop forte ou une perte de substance.
Au départ, la douleur permet à l'enfant de prévenir l'adulte qu'il a besoin de secours (Socialisation ou communication du déplaisir). Par la s