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Nous avons choisi, pour présenter les allergiques, d'exposer ce que nous avons pu saisir de leur relation d'objet. Ce système nous a paru, en effet, contenir les traits les plus essentiels et les plus communicables des malades. Peut-être contribuerons-nous à étendre ainsi le très beau travail de Bouvet.
L'étude d'un certain nombre de patients atteints de diverses affections réputées allergiques nous permet de parler, ce soir, d'une véritable systématique de la relation d'objet des allergiques. Ceci, je crois, n'intéresse pas seulement la psychosomatique, mais peut apporter aussi quelques lumières sur certains aspects de la psychanalyse et de la psychiatrie.
Nous avons donné, provisoirement, le nom de relation d'objet allergique au type de la relation d'objet que nous allons décrire, en raison de sa constance chez les patients ayant été atteints, ou encore atteints, des affections allergiques les plus diverses. Ce système de relation d'objet est particulièrement caractéristique chez les asthmatiques et les eczémateux ; on le rencontre, quelquefois moins nettement visible, mais d'une façon aussi régulière, chez les malades atteints de rhume des foins, de coryza spasmodique, d'œdème de Quinke ou d'urticaire habituel ; il se retrouve enfin chez les migraineux bien qu'il soit ici quelquefois davantage caché par les composantes propres des mécanismes des céphalalgiques.
Nous avons aussi rencontré le type de relation d'objet allergique chez des patients venus consulter, ou pris en analyse, pour une toute autre raison que leur affection somatique. Chaque fois, nous avons retrouvé, plus tard, l'affection allergique dans les antécédents du malade, ou bien elle est apparue au cours du traitement. On peut donc faire un diagnostic valable d'allergie sur l'existence seule de la relation d'objet caractéristique, même sans la connaissance des accidents somatiques spécifiques.