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Depuis le mois de mars 1956, l'Institut de Psychanalyse a organisé des colloques réunissant des somaticiens, médecins et spécialistes des hôpitaux et des psychanalystes pour y discuter de l'abord somatique et psychanalytique de cas cliniques concrets.
Nous croyons que les lecteurs de la Revue française de Psychanalyse seront intéressés par la publication des observations qui ont servi de base à ces discussions de « table ronde ».
La Rédaction.
Il est habituel, vous le savez, d'opposer obésités exogènes et obésités endogènes.
L'obésité exogène — ou mathématique — est celle d'un sujet qui, suralimenté patent ou sédentaire, ingère plus de calories qu'il n'en dépense.
L'obèse endogène est un sujet qui, mangeant peu et menant une vie normale, amasse cependant des réserves et engraisse : on met classiquement ce trouble métabolique sur le compte des endocrines.
En fait, il n'y a pas deux types opposés d'obésités, mais bien deux ordres de facteurs, des facteurs exogènes et des facteurs endogènes associés et combinés en proportion variable.
Dans toute obésité dite endogène intervient un facteur exogène capital, l'alimentation, puisque le jeûne se solde toujours par une perte de poids. Ainsi l'obèse endogène apparaît-il comme un suralimenté relatif dont les besoins sont abaissés du fait d'un trouble cellulaire, probablement enzymatique.
De même, faut-il tenir compte chez les obèses dits exogènes de ces facteurs endogènes que constituent d'une part les prédispositions individuelles — puisque nous ne sommes pas égaux devant l'embonpoint — d'autre part la faim, dont le centre, sous l'influence de mobiles tant psychologiques que physiologiques, peut se dérégler et cesser d'être adapté aux besoins.
L'obésité peut être expérimentalement réalisée chez l'animal, soit par une lésion du système nerveux, soit par la création d'un trouble métabolique.