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Vincent Van Gogh était ambivalent envers Paul Gauguin et l'était à un haut degré. Gauguin, de cinq ans plus âgé et artiste ayant plus d'expérience de son métier, aggravait cette ambivalence par une condescendance dédaigneuse. Van Gogh l'appelait « Maître » et le considérait comme supérieur en tant qu'artiste et intelligence. Cependant ils avaient souvent de vives discussions et en matière d'art, Van Gogh ne voulait pas accepter les critiques de Gauguin. Quand ils échangèrent leurs propres portraits, Van Gogh prétendit que le sien était artistiquement aussi bon (1, 2). De plus il était vivement conscient du fait que Gauguin avait plus de succès auprès des prostituées de la maison locale (3, 4) et expliquait son impuissance par le fait que ses désirs sexuels étaient absorbés par la façon passionnée dont il peignait (5). Il avait été deux fois éconduit comme ne pouvant être un prétendant sérieux, et bien qu'il vécût avec une maîtresse parfaitement féconde, il n'avait jamais été père. Par contre, il savait que Gauguin avait connu le mariage et la paternité (6, 7). Il admirait donc et enviait même la virilité de Gauguin et le succès de sa vie sexuelle.
L'étude psychanalytique de leurs relations indique également que Van Gogh était homoérotiquement attiré par Gauguin, sur qui il transférait son désir d'être réuni au père puissant (8, 9, 10). Après avoir d'abord rencontré Gauguin à Paris, il lui avait instamment demandé de venir le retrouver à Arles et l'avait invité à habiter chez lui (11). Pour son arrivée en octobre 1888, il lui prépara une chambre qui eût pu être le boudoir d'une fiancée : il peignit des tournesols sur les murs (12).
Deux jours avant Noël 1888, dans un café, Van Gogh jette un verre à la face de Gauguin. Le soir suivant qui était celui de Noël, il menace Gauguin avec un rasoir, mais sans aller jusqu'aux voies de faits. A la place, il se coupe une oreille qu'il enveloppe comme un cadeau pour