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L'ouvrage de R. Pierloot peut-être envisagé sous trois aspects essentiels. En dépit de leur intérêt certain, ils nous laissent le plus souvent déçus, voire franchement surpris, en considération du titre : Psycho-somatique clinique. Selon le premier aspect, le plus extérieur, l'auteur vise à décrire les grandes voies de la recherche psycho-somatique, à savoir psychanalytique, psychophysiologique, neuro-anatomique, endocrinologique. Riche de citations « organisées », une telle revue ne peut que retenir l'attention, encore faut-il noter que le chapitre consacré à la psychanalyse, et dont le titre est déjà une prise de position : « Interprétation psychanalytique des symptômes somatiques », ne nous paraît pas refléter une réelle compréhension du problème. La notion de conflit n'est-elle pas absente, même ?
Le deuxième aspect marque un souci de synthèse auquel on souscrit volontiers. Il se définit comme l'expression d'une volonté de découvrir une base commune, « un champ psycho-somatique », à l'intérieur et en fonction duquel s'organisent les phénomènes somatiques et psychologiques. Cette base est constituée par une notion de « l'homme total ». « Tout le problème de la psycho-somatique clinique, écrit Pierloot, revient donc à répondre à la question suivante : quelle est la place (du) phénomène somatique… dans le cadre dé la vie psychique, vue par rapport à l'arrière plan de l'existence humaine totale du malade ? »
A partir de là, la position personnelle de R. Pierloot, qui constitue le troisième aspect de l'ouvrage, se dégage nettement. Psychanalyse et psychophysiologie mises sur un même plan « se bornent bien souvent à une interprétation purement biologique des observations recueillies », elles sont importantes, et peuvent « contribuer à l'étude du problème de la psycho-somatique clinique », mais doivent être intégrées dans une « anthropologie médicale chrétienne » qui constitue pour lui l'idéal. « La maladie — écrit encore l'auteur— est propre à l'existence humaine, et il