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Quand on a gravi, comme moi, les échelons successifs de nombreuses années, on se retourne, et l'on vient à rechercher quelle place la psychanalyse, vieille aujourd'hui de plus d'un demi-siècle, a conquis dans nos sociétés en évolution si rapide. Je ne prétends pas épuiser un aussi vaste sujet. Il y faudrait des informations, des connaissances que je n'ai pas et que personne, à l'heure qu'il est, sans doute ne possède. Mais on peut cependant essayer de comprendre quelque peu les attitudes actuelles des diverses sociétés par rapport à la psychanalyse.
Certes, il est des pays, telle en premier lieu l'Amérique, où sa diffusion et son acceptation sont immenses. Elle y a de nombreux adeptes, elle a transformé l'attitude des parents envers leurs enfants, elle a contribué à élargir les restrictions sexuelles dont souffrit si longtemps la femme, avec la double morale régnant dans les sociétés patriarcales.
Mais les forces réactionnaires, aux aguets dans tous les pays, trop souvent, même là, encore la stigmatisent.
Et, dans les pays où le totalitarisme a triomphé, qu'il soit de droite ou de gauche, elle n'est pas agréée.
Car aucune collectivité dogmatique ne peut supporter le libre examen. Et quel examen est plus libre que celui de l'investigation psychanalytique qui fouille jusqu'en ses inconscientes profondeurs les croyances, les impératifs catégoriques, régissant les troupeaux humains ?