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Au cours de ces dernières années, Eisenbud (en 1954-55-56) et Servadio (en 1955) ont, dans divers articles, attiré notre attention sur le fait que des patients avaient, pendant leur analyse, prévu ou bien rêvé ce qui allait vraiment leur arriver par la suite. Ces deux auteurs croient à la réalité de ces phénomènes occultes. Mon patient, au contraire, n'a eu que l' « illusion » d'avoir su par avance ce qui lui arriverait. L'illusion d'un fait occulte est due à une déformation ultérieure dans la mémoire, d'un incident réel. M. O… a entièrement perdu le souvenir de ce dont il m'avait parlé la semaine précédente et qui était en rapport avec l'incident prophétisé. Pour nous exprimer un peu paradoxalement, disons que sa conviction d'avoir su quelque chose par avance provenait du fait qu'il avait plus tard oublié un fait auparavant connu. Des résistances narcissiques excessivement fortes l'empêchaient de supprimer la déformation du souvenir et c'est là, à mon avis, que se trouve la clef du problème. Dans ma communication, je traiterai de la genèse et de la fonction de cette illusion (3).