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Le processus analytique vu sous l'angle de la théorie des instances psychiques peut être ramené à quelques formules d'une simplicité frappante, comme par exemple celle-ci : dans l'analyse le sujet échange son Surmoi archaïque névrotique contre un autre plus souple et plus adapté, son Moi se renforce et devient capable d'intégrer ses pulsions ; « Où était le Ça sera le Moi. »
Au cours de l'étude de la situation analytique il m'est apparu que la valeur heuristique de cette formule gagnerait beaucoup à être complétée par la mise en place d'une certaine conception du narcissisme et qu'en élevant, pour ainsi dire, celui-ci au rang d'une instance psychique autonome, nous pourrions davantage approcher la solution de certains problèmes majeurs de la psychologie normale et pathologique que le cadre tripartite classique habituellement utilisé ne le permet.
Je regrette de ne pas pouvoir en faire une démonstration aussi élargie que le sujet l'exigerait en raison du temps restreint d'une conférence ; mon propos d'aujourd'hui, beaucoup moins séduisant et singulièrement plus limité, sera donc la présentation de cette conception de la topique psychanalytique dans le cadré de quelques considérations sur la cure analytique elle-même ; ce thème est familier à ceux qui ont bien voulu prendre connaissance de mon rapport traitant du même sujet ; je tâcherai de les ménager en évitant — autant que possible — les redites.
La cure analytique semble se dérouler entièrement sous le signe du Moi. La névrose même qui oblige le sujet d'y avoir recours se présente