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J'aimerais attirer ce soir votre attention sur quelques-unes des réflexions qui m'ont souvent arrêté. Je me suis souvenu qu'elles trouveraient crédit auprès de vous quand j'ai entendu au congrès de novembre dernier que l'on parlait d'Épicure et d'humanisme.
Depuis, un article de Zilboorg paru dans le Bulletin des Psychanalystes de Belgique (janvier 1957) sur « Les frontières de la psychanalyse » m'a paru toucher d'assez près le sujet dont je me proposais de vous entretenir. Plus exactement, il tourne autour sans y toucher directement. Vous me permettrez d'utiliser ce texte de notre ami de New York en guise d'introduction pour mieux vous situer le sujet même de ma préoccupation.
D'une façon générale, Zilboorg estime que les tendances actuelles de la psychologie remettent « en question, sur une base nouvelle, la vraie nature de l'homme » (p. 1). Et « le problème vers la solution duquel les données de la psychologie récente nous précipitent est un problème ontologique » (p. 1);
Ce problème n'est pas nouveau : Zilboorg le constate, et remarque en outre que cette rencontre traditionnelle de «nos travaux scientifiques » et de « nos philosophies de la vie » a toujours conduit l'homme, au cours des siècles, à osciller entre deux tendances : « Soit étouffer la science pour maintenir sa philosophie inchangée, soit étrangler la philosophie afin de s'établir lui-même sur un trône scientifique » (p. 2).
Zilboorg redoute que les psychanalystes ne sacrifient trop aisément à cette seconde tendance : étrangler la philosophie, en ne prenant pas conscience assez aiguë que leur métier les maintient à une « proximité