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Avant d'aborder avec vous la question de la Névrose de Transfert — véritable pierre d'achoppement du traitement psychanalytique — je voudrais indiquer avec précision-ce que signifient pour moi les termes mêmes de « névrose de transfert », car il m'a paru que leur emploi donnait lieu à de fréquentes confusions.
En effet, je distingue nettement, pour ma part, entre les réactions de transfert — qu'elles soient positives ou négatives — qui s'inscrivent naturellement, inévitablement dans la situation analytique, et la névrose de transfert, qui implique à mon avis le franchissement d'un seuil au delà duquel le monde dans lequel se meut le malade se referme entièrement et uniquement sur la personne de l'analyste.
Dans le premier cas, qui est celui de la relation transférentielle ordinaire, l'analyste et le traitement psychanalytique ont certes leur importance pour le malade (s'ils n'en avaient pas, il n'y aurait pas de traitement possible d'ailleurs). Disons que la personne du psychanalyste et l'importance accordée au traitement donnent comme une coloration nouvelle à l'existence du malade, suscitent son intérêt, sa curiosité, peuvent même occuper une place privilégiée dans sa vie. Mais cette vie continue néanmoins à puiser son aliment à l'extérieur, pourrait-on dire. Elle existe avec ses occupations quotidiennes, ses aléas, ses charges, qui gardent une réalité propre, sinon objective. L'analyste, quel que soit son intérêt, ne représente qu'une partie de cette vie. Il occupe un certain domaine, où il est peut-être roi, mais il n'occupe pas l'univers.
Tandis que dans la névrose de transfert proprement dite, le malade a fait quelques pas de plus qui l'ont mené dans un monde différent où,