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Le dernier ouvrage de Spitz est un approfondissement d'une thèse déjà signalée dans son récent livre qui vient d'être publié dans la collection : « L'Actualité psychanalytique », La première année de la vie de l'enfant. Dans son
dernier ouvrage, l'auteur essaye de pénétrer l'ontogenèse du geste Non, et d'approfondir ainsi les bases de la communication entre la mère et l'enfant. L'auteur part de la constatation que, chez les enfants ayant souffert de frustrations affectives dans la deuxième partie de la première année de leur vie, l'approche de l'observateur provoque un geste très particulier qu'il intitule : mouvement céphalogyre négatif. Il le compare à ce qu'il appelle : le rooting, qui existe chez tous les mammifères et qui est caractérisé, véritable « grasping » oral, par la recherche du sein : il s'agit chez le nouveau-né normal d'un véritable réflexe archaïque. Le rooting, héritage philogénétique, permet la succion. C'est un réflexe qui disparaît après satiété. Il paraît être ainsi sous la dépendance d'un mécanisme interne de déclenchement. Dans sa thèse, Spitz essaie de suivre le chemin qui mène du rooting, conduite appétitive, au Non, signe de valeur sémantique. Le mouvement céphalogyre négatif traduit une régression à une phase non relationnelle, celle où existait le rooting.
Le non est d'abord significatif pour l'enfant. Dès la fin de la première année, il comprend le geste de sa mère. On ne peut pas estimer qu'il assume le non par un simple effet d'imitation. Il faut introduire la notion d'identification au frustrateur, véritable mécanisme de défense analogue à l'identification à l'agresseur qui est décrit chez l'enfant plus âgé. Le non de la mère provoque, sur le plan des décharges instinctuelles, le passage de l'activité à la passivité. Ce non laisse des traces dans le Ça qui sont investies dans les premiers nucléi du Moi. En s'identifiant au frustrateur, le Moi manie la frus