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L'étude originale publiée ici représente avant tout, à propos de l'étiologie de l'ulcère duodénal, une intéressante vérification des corrélations existant entre physiologie et psychologie.
A partir des deux faits suivants : 1) Qu'il existe un parallélisme entre le taux de pepsinogène dans le sang et la sécrétion de pepsine dans l'estomac ; et 2) Que 87 % des sujets porteurs d'un ulcus duodénal ont un taux de pepsinogène plus élevé que le normal, les auteurs ont étudié 120 sujets appartenant aux catégories hyper et hyposécrétantes, parmi 2073 jeunes recrues de l'armée américaine. Considérant que l'ulcère duodénal est le résultat de l'interaction de trois paramètres, physiologique, psychologique, social, les sujets sélectionnés ont été suivis des points de vue biologique et radiologique, psychologique (entretiens psychiatriques et tests de projection) et enfin ont été soumis à l'entraînement habituel des recrues. A l'issue de cette étude, les auteurs ont constaté qu'il existait une corrélation à 85 % entre les critères psychologiques et physiologiques. De plus, 9 sujets porteurs d'un ulcus ou l'ayant constitué au cours de la période d'entraînement, avaient été classés correctement à partir des seules données psychologiques dans la catégorie hypersécrétante.
Les sujets hypersécrétants présentaient d'intenses besoins oraux s'exprimant sous forme de désir d'être pris en charge, d'être nourris. La frustration de ces besoins provoquait un ressentiment, une colère, qui ne se manifestaient pas habituellement.
Les sujets hyposécrétants étaient plus narcissiques, exprimaient plus volontiers leur hostilité, certains compensaient par une attitude hypermasculine une identification féminine.
Il nous paraît que l'étude d'une opposition entre les caractéristiques psychologiques des sujets hypersécrétants et des sujets hyposécrétants se doit d'être poursuivie et précisée, les deux tableaux évoquant en effet les deux faces d'une même constellation psychodynamique.
M. de M'uzan.