You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
«Ce qu'il y a de plus profond dans l'homme, c'est la peau.»
La présente étude se propose d'attirer l'attention sur un lien spécial et profond, un lien par la peau, entre l'enfant et la mère, ainsi que sur les conséquences qui peuvent en découler du point de vue de l'étude du «moi».
Un tel lien est clairement indiqué par le matériel clinique d'un cas que nous avons analysé, cas situé aux frontières de la névrose et de la psychose. Les limites de cet article ne permettent ici que de rapporter des fragments, cependant très significatifs, de l'analyse de ce cas.
La malade, une jeune femme américaine de trente ans, que nous appellerons Laure, mariée et mère d'une fillette, était venue en traitement après hospitalisation pour sévère collapsus nerveux.
Les symptômes les plus pénibles étaient:
— une dépression constante remontant aussi loin qu'elle pouvait se le rappeler;
— du pleurer pathologique;
— des idées à caractère compulsif de tuer sa fillette, son mari, sa mère et de se tuer elle-même;
— de fréquentes et très sévères attaques de violence à la maison, sous le prétexte le plus insignifiant, au cours desquelles, elle brisait tout ce qui lui tombait sous la main, attaques suivies de phénomènes de dépersonnalisation. Laure avait une haine extrêmement violente pour sa mère dont elle se méfiait sans cesse, car, disait-elle, elle n'avait jamais cherché qu'à lui faire du mal. La malade haïssait également son frère, son aîné de sept ans, et se méfiait de lui. Quant à son père, il était mort depuis quelques années.