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Un des buts thérapeutiques les plus importants de l'analyse est d'aider le malade à prendre conscience de lui-même. Mais l'analyste ignore en grande partie ce qu'il espère faire découvrir à son malade.
Le problème que pose l'auteur est de savoir si l'investigation nécessaire ne doit dépendre que de la compréhension intuitive et progressive de l'analyste, comme le statuait Freud; cette compréhension intuitive ne peut-elle pas être contrôlée systématiquement par un examen objectif et critique de l'évidence, comme cela s'impose pour chaque procédé scientifique proprement dit.
L'intuition dépend malheureusement beaucoup du talent de l'artiste. Un art intuitif peut s'apprendre par l'exemple et la pratique, mais ne peut pas s'enseigner. On ne peut enseigner à personne comment écouter son propre inconscient. En plus, l'inconscient de l'analyste n'est pas toujours un guide sûr. On s'aperçoit de plus en plus de l'influence perturbante des contre-transferts de l'analyste.
L'analyste a besoin d'un contrôle objectif de ses intuitions. La compréhension intuitive sur laquelle l'analyste base sa décision de donner une interprétation au malade demande une validation.
Les critères objectifs de l'exactitude d'une interprétation sont d'après l'auteur:
Que le conflit focal soit reconnaissable comme réaction naturelle à certains aspects de la situation actuelle du malade;
Que les détails du comportement et de la pensée du malade soient tous reconnaissables comme réaction « naturelle » au conflit focal postulé.
Si, au delà d'une période de quelques jours, l'analyste ne peut pas trouver le conflit focal du malade, il doit se rendre compte que quelque chose d'essentiel ne marche pas. Ne jamais cesser de poser les questions: « Y a-t-il quelque chose dans le matériel du malade qui ne s'accorde pas avec mon interprétation? » « Y a-t-il une partie du comportement du malade qui ne s'accorde pas avec mon interprétation?» « Y a-t-il une partie du comportement du malade encore inexpliquée? » Si les morce