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Dans cette étude, l'auteur essaye de montrer comment certaines défenses, les défenses-écran, ont influencé de façon décisive, dans un groupe de malades donné, la formation de la personnalité. Ces malades semblent être mus par une sorte d'avidité de faire des « expériences-écran ». Le résultat des défenses-écran et de cette avidité serait la formation d'une identité-écran.
Le traitement de 7 malades analysés au cours de 11 années fournit à l'auteur les caractéristiques significatives et les facteurs de formation lui permettant d'esquisser le portrait clinique d'un caractère névrotique spécifique et de le comparer à ceux formulés par Freud, Abraham, Fenichel, H. Deutsch et A. Reich.
Tous les phénomènes-écran ont une forme et une fonction similaires: des phénomènes psychiques d'une catégorie donnée sont employés pour contredire ou nier des phénomènes de la même catégorie — mémoire contre mémoire, affect contre affect, perception contre perception, etc. L'auteur emploie donc le terme « écran » pour différencier ces activités d'autres manœuvres de défense. Il distingue entre l'écran-filtre (l'écran servira à filtrer ce qui est douloureux et ne laissera passer dans la conscience que ce qui est inoffensif), et l'écran faussant (l'écran déforme ce qui est douloureux pour le faire apparaître sous un aspect plaisant).
Après avoir établi ces notions de base, l'auteur donne une description clinique très substantielle de ces malades à caractère « écran » et analyse les différents aspects de leur personnalité, les fonctions du moi, les relations d'objet, l'orientation libidinale, etc.
L'étiologie de ces formes cliniques serait, d'après l'auteur, caractérisée par le fait que tous ces malades ont eu, à des moments cruciaux de leur vie, d'importantes gratifications qui empêchèrent le développement névrotique habituel après les privations traumatiques et les frustrations subies.
Bibliographie.
S. A. Shentoub.