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En rapportant le traitement psychanalytique mené à bien avec succès d'un adulte atteint de colite utéro-membraneuse, Melitta Sperling, qui a déjà consacré des travaux soit à cette affection psychomatique chez les enfants, soit au problème des relations de la psychose et du trouble psychomatique, se propose un double but. C'est d'abord de démontrer la psychodynamique du trouble somatique de son patient; l'accent est porté sur la relation d'objet psychosomatique, relation évidemment prégénitale et ambivalente; toute impulsion agressive envers l'objet passivement aimé est immédiatement déchargée par voie somatique (diarrhée); fantasmatiquement, l'accès colitique constitue une séparation brutale et un rejet de l'objet primaire; mise en quelque sorte à l'abri grâce à cette somatisation, la relation reste basée sur l'amour passif et dépendant d'un objet surestimé. Si cet équilibre est rompu (par exemple par la perte réelle de l'objet), il peut en résulter un accès psychotique.
Sur le plan thérapeutique, l'auteur estime fermement que la thérapeutique psychanalytique est capable, la seule à sa connaissance de toutes les thérapeutiques connues, de guérir la colite ulcéro-membraneuse, qu'elle ne risque pas de déclencher un accès psychotique ainsi qu'on le dit communément, mais que bien au contraire elle permet d'y couper court — et enfin que les psychothérapies « pré-analytiques » ou anaclitiques (à la S. Margolin) sont à rejeter comme néfastes dans la mesure où elles assouvissent les tendances agressives du patient, confirment celui-ci dans la conception inconsciente que l'objet est bon et ne l'est que lorsqu'on est physiquement malade, et confirment et renforcent enfin sa crainte de ses propres pulsions agressives.
P.-C. R.