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En s'appuyant sur l'étude du rôle joué par le soleil, tant dans les cultures primitives que dans les délires schizophréniques, l'auteur fait une étude de l'acquisition du sens du réel.
La mère « infantocentrique » stimule l'ensemble de la peau de son enfant
en respectant ses « rythmes pré-cognitifs ». Grâce à ces expériences unifiantes, les diverses données sensorielles sont intégrées, l'enfant est introduit dans le monde. Faute de ces expériences et de cette intimité maternelle, aucune unité ne peut s'établir dans l'appréhension du monde extérieur, et celui-ci est comme jeté à la figure de l'enfant en pièces détachées.
L'unité totale avec la mère permet à l'enfant de se distinguer d'elle, lui évite de rester servilement attaché à sa mère ou servilement révolté contre elle, lui permet d'acquérir ce sens intime de la juste mesure de lui-même et d'autrui.
Dans les temps primitifs, l'homme ne se considérait pas distinct du monde ambiant. Le soleil, qui prenait une large place dans leur mythologie, est une image de la mère; il caresse et réchauffe la peau comme le faisait la mère réelle.
Si l'enfant n'a pu acquérir un moi unifié parce que les stimulations sensorielles auront été fragmentaires, éparses, réduites, distantes, il n'aura pu non plus se différencier de l'objet maternel et il entrera dans le cycle des fantômes de décoration de ou par la mère. Son sens du réel restera déficient et son moi incohérent.
P.-C. Racamier.