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Je me suis proposée dans ce travail, non pas d'exprimer une position fondamentalement nouvelle, mais de préciser des notions restées souvent trop vagues, comme masochisme et passivité, et de mettre l'accent sur les rapports et les articulations de certains mouvements instinctivo-affectifs, ou de déplacer un peu cet accent pour rester plus près des faits cliniques.
Le fait que 50 % au moins de nos malades journaliers soient des femmes, mérite que l'on essaie de clarifier et de préciser ce qui a pu être considéré comme spécifique de leur histoire.
La grande majorité des études psychanalytiques des mouvements pulsionnels et du développement du moi ont été faites sous l'angle du développement de l'homme, avec ré-ajustement secondaire en vue d'appliquer les résultats obtenus à la femme. Cela semble dû à plusieurs raisons: Freud et la plus grande partie des chercheurs ont été des hommes, et d'un autre côté la féminité est une résultante de mouvements complexes, dont il n'est pas facile de saisir les origines au cours du développement. Certains auteurs ont même pu, en fonction de cette difficulté, aller jusqu'à exprimer une position aussi paradoxale et anticlinique que celle de H. Deutsch quand elle écrit qu'il est plus facile d'étudier clairement la féminité chez l'homme malade que chez la femme au cours de son développement.