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Ce volumineux numéro de L'Évolution psychiatrique est consacré à la publication des rapports qui furent présentés aux journées de Bonneval en avril 1957 et des discussions qui les suivirent. On sait qu'un colloque groupa alors une cinquantaine de psychiatres qui discutèrent au long de plusieurs journées tous les problèmes actuels posés par la schizophrénie.
Henri Ey tente d'abord de préciser la place nosographique des schizophrénies en recourant à des documents statistiques et catamnestiques recueillis sur une longue période dans un service d'hôpital psychiatrique: la schizophrénie se groupe dans le cadre des affections chroniques non démentielles, mais caractérisées par un délire, cadre entouré de franges démentielles et pseudo-névrotiques, ces dernières allant en s'accroissant. La schizophrénie se situe alors par rapport aux démences, aux autres délires chroniques, aux névroses, aux psychoses aiguës. Henry Ey termine son travail par de brèves considérations sur le processus schizophrénique, «cheminement du schizophrène jusqu'au centre de lui-même — à la fois impuissance à s'ouvrir au monde de la réalité et de la coexistence et besoin invincible de s'abandonner à cette pourriture de l'être qu'est l'imaginaire: le processus schizophrénique, c'est le mouvement de ce déclin. La psychose schizophrénique, c'est l'histoire de ce destin».
C'est à l'étude de ce processus schizophrénique qu'est consacré le travail de S. Follin qui s'appuie sur l'étude monographique d'un cas longtemps observé. L'auteur étudie la structure prépsychotique sur laquelle se manifestent les premiers accidents de dépersonnalisation, puis la discordance schizophrénique qui naît de l'ambiguïté oniroïde. L'étude structurale peut-elle conduire à une étude processuelle? C'est ce qu'examine l'auteur qui rejette les conceptions univoques de processus génétiques ou de processus précoces par difficultés, dans la maturation affective. Parce qu'il voit le processus schizophrénique, non comme un début, mais comm