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En discutant de façon très approfondie le cas d'une jeune mathématicienne supérieurement douée qui souffrait de dépressions et se sentait incapable de créer des liens quelque peu intenses ou durables avec autrui, l'auteur illustre l'utilisation des trois catégories principales de l'abstraction (le processus de classification, de quantification et de relations spatiales) en tant que défenses régressives coexistant avec une faculté extraordinaire d'utiliser ces mêmes processus au service du Moi. Il conclut son exposé par les remarques suivantes:
Les objets étant, à des degrés variables, libérés de leur charge affective, le sujet se préoccupe de l'aspect non-représentatif des attributs de ces objets — sa pensée est donc abstraite. Ce processus peut être au service du Moi et du contrôle de la réalité, ou bien servir au processus primaire. Sous cette dernière forme, l'auteur le conçoit comme une défense régressive.
Ce sont les individus spécialement doués pour la pensée abstraite qui auront le plus facilement recours à cette «perversion» de l'abstraction en tant que processus défensif.
Sous l'influence du transfert et de la pression accrue des pulsions, les aspects «contrôlés et régressifs» de la pensée abstraite peuvent être perturbés et se rapprocher ainsi du processus de la pensée psychotique.
L'auteur souligne l'importance de cette constatation non seulement du point de vue diagnostique, mais aussi pour une meilleure compréhension de la psychologie de la pensée abstraite.
Bibliographie.
S. A. Shentoub.