You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
La fonction psychomotrice de la parole joue un rôle dans la psychanalyse. Sans doute, toute activité psychologique est-elle plus ou moins mouvement et toute représentation mentale est-elle amorce psychomotrice, en même temps que toute relation est dialogue et mouvement esquissé entre le sujet et l'objet, même si celui-ci est intériorisé. Dans la double tendance qui fait réagir le sujet et le milieu l'un sur l'autre, toutes les altérations sont possibles. Toute activité ou mouvement moteur ou psychique d'un sujet est liée à l'évolution libidinale et spécialement au recul plus ou moins grand de l'intériorisation de la libido qui caractérise les premières relations.
Sans doute, la parole, mode d'expression et de communication, peut-elle paraître phénomène secondaire dans la psychanalyse. Mais le travail analytique, s'il porte en profondeur sur la maturation et l'intégration des pulsions, ne peut pour autant négliger l'appoint que peut lui valoir la psychomotricité de la parole. Car si celle-ci est signifiant, elle est aussi action sur le signifié. Et dans bien des cas le langage, de conséquence, peut devenir cause.
Si de nombreux travaux sont consacrés au rôle de la parole dans la psychanalyse, il est un processus qui reste encore imprécisé: c'est celui par lequel la parole qui est à l'origine une fonction libidinale de décharge, devient inconsciemment manifestation du niveau auto-érotique, puis action magique sur le milieu, puis par l'action symbolique des mots, moyen de communication et de parole socialisée objective.
L'auteur expose le cas de Pierre, sujet âgé de 19 ans, envoyé avec un diagnostic qui correspondait à un pronostic réservé. Une des sources de l'angoisse naissait chez le sujet de sa peur de passer à l'acte, d'être entraîné, de devenir sujet dans la relation sadique-anale, telle qu'il l'éprouve à travers son expérience infantile, notamment à l'égard de sa mère. C'est donc à la fois la peur de l'action et la crainte de vivre des pulsions redoutées. Il a trou