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C'est Freud lui-même qui, dans Psychanalyse et médecine (2), pose le problème de «l'équation personnelle» en psychanalyse. Il y est en quelque sorte poussé par l'interlocuteur imaginaire qu'il s'est donné, dans ces pages, comme pour se contraindre à serrer sa pensée de plus près, sans rien laisser dans l'ombre ni dans l'équivoque. C'est cette probité intellectuelle qui l'empêche d'esquiver une difficulté dont on sent pourtant qu'elle n'est pas sans lui causer un certain malaise qui se traduit par une sorte d'hésitation dans le cheminement même de sa réflexion à l'approche de ce point sensible.
Quand vous aurez acquis, dit-il, une certaine discipline sur vous-même et serez en possession de connaissances appropriées, vos interprétations resteront indépendantes de vos particularités personnelles et toucheront juste.
Mais aussitôt il se rétracte en partie:
Je ne dis pas que, pour cette partie de la tâche, la personnalité de l'analyste soit indifférente. Une certaine finesse d'oreille, pourrais-je dire, est nécessaire pour entendre le langage du refoulé inconscient et chacun ne la possède pas au même degré.
Remarquons que Freud n'envisage ici dans la personnalité de l'analyste qu'une particularité, pour ainsi dire, quantitative — qui, par cela même, pourrait être considérée comme extérieure à la personnalité. La plus ou moins grande «finesse d'oreille», qu'est-ce d'autre en apparence qu'une faculté spéciale, susceptible d'exister chez les différents êtres à des degrés divers, mais une telle façon de voir ne saurait satisfaire tout à fait l'esprit analytique de Freud qui, se rappelant sans doute qu'il n'est — comme on dit — «pire sourd que celui qui ne veut pas entendre», reprend espoir de résoudre cette difficulté en rappelant