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M. de La Palisse dirait tout bonnement que ce que le malade attend du médecin, c'est qu'il le guérisse.
Mais si nous posons la question en termes psychologiques — c'est justement notre propos aujourd'hui — la réponse ne s'offre pas d'elle-même avec cette rondeur qui est l'apanage, dit-on, du sens commun.
Être malade, être guéri, à quoi cela correspond-il exactement sur le plan psychologique? Et quelles sont les réactions affectives profondes du malade en présence du médecin dont il attend, précisément, la guérison?
Nous n'envisagerons bien entendu ici que le cas du malade atteint d'une affection dite «organique», selon le terme consacré. Mais déjà ce mot n'a plus exactement le même contenu qu'il avait il y a cinquante ans, et fait surgir dans la conscience du médecin quelques points d'interrogation discrets, auxquels il lui appartient de prêter ou non attention.
Nous l'emploierons cependant toujours, par commodité de langage d'abord, et parce qu'il évoque clairement une souffrance précise, limitée, directement ressentie par le. corps. Il reste néanmoins difficile de continuer à opposer l' «organique» au «psychique» en tant que catégories distinctes aujourd'hui, quand, par ailleurs, la physique thermo-nucléaire non seulement nous enseigne que la matière est énergie en puissance, et l'énergie matière en puissance, mais va jusqu'à poser l'identité virtuelle de ces deux termes.
Toutefois, même si nous admettons cette unité fondamentale, il n'en demeure pas moins que c'est parfois l'aspect strictement organique et parfois l'aspect psychique qui apparaît comme prévalent, selon les cas.
C'est dans cette perspective que nous pouvons nous demander