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Dans cette étude très étoffée l'auteur essaie de prouver — à l'encontre des suppositions émises par certains psychanalystes — que la dépression, dans le sens clinique du terme, est un phénomène étranger à l'enfance. La perte d'objet, point central de cette perturbation du surmoi, est généralement considérée comme un traumatisme. Mais ceci n'est vrai que dans un sens étroit et trop simplifié. L'auteur démontre, en effet, que la perte d'objet produit un ensemble hautement organisé de phénomènes psychiques qu'il qualifie de «complexe de perte», et qui se manifeste de façons multiples dans différentes phases du développement et produit les plus profondes modifications de l'économie psychique. Les enfants réagissent à la perte d'objet avec tristesse et affliction et courtes dépressions tout en s'insultant eux-mêmes. Mais chez l'enfant ces réactions ne mènent pas à des états de dépression qui, chez l'adulte, sont essentiellement dus à une division entre la faculté critique du moi et le moi modifié par l'identification.
S. A. Shentoub.