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Il peut sembler hardi à quelqu'un qui n'est, diront les médecins, rien que psychanalyste, d'oser aborder un problème aussi complexe et profond que celui des rapports entre la psychosomatique actuelle et l'animisme vitalisme de tous les temps.
Cependant de simples philosophes eux-mêmes, sans aucune expérience clinique, se sont hasardés à traiter du mystère de la vie.
Car il y a d'une part le monde inorganique, régi par les lois strictes de la mécanique, de la physique, de la chimie; d'autre part, le monde de la vie organique, du plus infime virus à l'homme.
Les uns ont tenté de faire dériver le monde organique du monde inorganique par le simple jeu des lois, du déterminisme qui y règne.
D'autres, plus nombreux, impressionnés par le saut que semble faire la vie au sein de la matière, ont voulu adjoindre à la vie quelque chose de plus que, suivant les penseurs et les temps, on a qualifié par des paraphrases diverses de la «force vitale».
Dès l'Antiquité grecque, il y eut en philosophie l'école matérialiste, atomiste, de Démocrite, s'opposant à l'école dynamique d'Heraclite. Parallèlement, en médecine, l'école organiciste de Cnide s'opposant, sur la péninsule face à l'île de Cos, à l'école largement vitaliste d'Hippocrate.
Les grands siècles religieux du Moyen Age ne pouvaient se passer de l'hypothèse de l'âme animant le corps. Dieu n'avait-il pas été le premier vitaliste ou plutôt animiste, quand, d'après la Genèse, il insuffla son souffle créateur aux animaux, à l'homme en particulier son anima? Aussi tout le Moyen Age, dominé d'ailleurs par la pensée vitaliste d'Aristote, fut-il plus que vitaliste, animiste.