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Toute discussion concernant la métapsychologie des instincts et en particulier la métapsychologie du plaisir doit tenir compte des transformations fondamentales du comportement humain au cours de la première année de la vie. C'est le grand mérite des analystes qui ont pratiqué l'observation directe des nourrissons et en particulier de R. A. Spitz d'avoir montré comment s'organisait, durant les premiers mois de la vie, l'activité libidinale et les relations objectales, apportant ainsi un enrichissement considérable à la théorie freudienne.
Si l'on compare le comportement du nourrisson au cours du premier mois à celui qu'il aura à la fin de la première année, un certain nombre de remarques s'imposent.
Durant le premier mois de la vie, l'être humain a un comportement instinctuel très comparable aux comportements animaux décrits par les éthologistes. Selon certaines lois biologiques internes, un état de tension se développe, créant un comportement caractéristique: état de veille, hypertonie à prédominance périaxiale, cris. Un certain nombre de stimuli peuvent alors déclencher une orientation de la bouche et de la tête et des mouvements de succion puis, si la bouche de l'enfant se remplit de liquide, la déglutition se produit jusqu'à ce que l'ingestion d'aliments entraîne un «état de quiétude», avec disparition de toute activité de succion et de déglutition et à cette époque de la vie, endormissement.
Cette activité est caractérisée:
1° Par sa finalité biologique précise et en tout cas par le fait qu'elle correspond strictement à des niveaux d'équilibres humoraux définis. L'état d'insatisfaction est un réel état de besoin;