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L'étude des états dépressifs conduit le psychanalyste au cœur même du drame fondamental qui déchire le cœur de l'homme, car celui-ci est habité par deux forces apparemment d'égale puissance et contradictoires qui tirent dans des sens opposés. Et cependant ces forces peuvent être parfois intimement mêlées, liées, voire même se substituer l'une à l'autre.
C'est ainsi que l'homme est mû par l'impérieux besoin d'aimer, de créer, de construire, et par le besoin contraire, tout aussi tyrannique, de haïr et de détruire.
Il arrive que ces forces soient dirigées pour, ou contre lui-même: s'il hait, l'homme adoptera inconsciemment des conduites autodestructrices; s'il s'accepte et s'ouvre à une attitude positive, il optera pour des conduites bénéfiques.
L'amour, nous le savons, cède souvent le pas à son contraire — la haine — et nous savons aussi que lorsque cette haine n'a pas la possibilité de se déverser sur le monde extérieur, elle submerge plus ou moins le monde intérieur de l'homme.
C'est ce «plus» ou ce «moins» qui donne leur couleur spécifique aux divers états dépressifs, depuis la «petite» dépression névrotique jusqu'à la grande mélancolie délirante.