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L'évolution de nos connaissances sur les psychoses a été marquée par de très grands progrès depuis ces quarante dernières années. Les travaux ont tout d'abord porté sur les aspects spécifiques du Moi psychotique et de l'altération de la fonction du réel. Ces recherches descriptives sur la structure de la personnalité étaient indispensables. Il était légitime de se demander comment se différencie, en termes de clinique psychanalytique, un psychotique d'un malade atteint par exemple d'homosexualité ou de fétichisme, présentant des thèmes analogues au cours du traitement. Mais il ne fallait pas courir le risque de laisser au second plan la dynamique ou le «drame» individuel, qui n'aurait plus été invoqué que pour la forme. La clinique psychanalytique aurait été dans ce cas frappée de la même infirmité majeure que les autres systèmes psychiatriques contemporains. C'est pour cette raison que les travaux cliniques se centrent de plus en plus sur l'étude de la relation d'objet car elle tient compte des investissements libidinaux et agressifs, de l'angoisse et des mécanismes de défense du Moi, dans leur développement même et dans leur confrontation avec l'activité dé l'objet investi.
Les cures psychanalytiques d'enfants et d'adultes ont montré que des altérations particulières de la relation d'objet pouvaient s'observer à un âge très précoce, même si la symptomatologie psychotique était beaucoup plus tardive. Il est donc légitime de se poser des questions sur l'origine et la nature de telles anomalies. Et ceci nous oblige à envisager un certain nombre de problèmes théoriques, sujets de discussion