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L'auteur étudie la différenciation des sexes à travers les variantes ethnologiques, et montre l'interpénétration de ses aspects culturels et biologiques. Mythologie, tradition, technique, répartition du travail, rituels de la naissance, de la puberté, de la grossesse, marquent très précocement l'enfant dans son contexte socio-familial.
Dans toutes les sociétés étudiées jusqu'ici, c'est à la mère qu'est biologiquement attribué le rôle nourricier, bien que le père puisse l'associer à son rôle protecteur, sous l'influence de stimuli super-normaux, ou par la levée de certains tabous culturels.
Un comportement d'abord moteur est transmis par voie kinesthésique par la mère, qui tendrait à rendre le garçon différent d'elle, «elle le décourage de devenir quelqu'un comme elle», et ceci dès les premiers moments où elle s'occupe de son bébé.
D'autre part, chaque enfant semble être capable de rechercher et d'imiter le sexe homothétique, et de rejeter l'autre. Les comportements moteurs sont différents, et s'inscrivent dans une appréciation du schéma corporel et une représentation du corps d'autrui particulière à chaque sexe. On constate par exemple, dans les postures d'équilibre, la tendance à la protraction des membres chez le garçon, à la rétraction chez la fille; objectivement, le garçon possède un avant-bras proportionnellement plus développé, ce qui rendrait compte de sa meilleure activité instrumentale. La signification de l'hymen est aussi discutée. Pour Mead, ce serait une protection de la fille non pas contre le mâle adulte, mais une barrière réduisant aux préliminaires les jeux sexuels de l'adolescent. Mais, pour Judith Kestemberg, la fonction de l'hymen serait de rendre l'appareil génital inaccessible à l'auto-exploration. Combinée à des sensations vaginales mal localisées et irritantes, cette curiosité inassouvie se projetterait sur le jeu de poupée, amorce de comportement maternel, et serait à l'origine de l'attitude «boudeuse