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Freud est-il un homme du XXe siècle? Tout au long de cet ouvrage, G. Zilboorg, qui présente une bonne vulgarisation de la psychanalyse, nous le montre comme un des grands humanistes du XIXe siècle. Nous insisterons seulement ici sur quelques éléments du bilan dont l'auteur définit les constituants, les rapports de la psychanalyse avec l'art et la religion.
Il pense que les thèmes dits «freudiens» en art n'ont pas été directement influencés par la psychanalyse sauf dans les cas où tel auteur n'a fait que céder à une sorte de snobisme de mauvais aloi. Mais Dostoïevski, Proust, James Joyce ou Thomas Mann dont quelques-uns ont vécu avant Freud, alors que d'autres ne connaissaient pas son œuvre, ont répondu par leur humanisme à celui de Freud.
Dans le dernier chapitre de son livre, G. Zilboorg s'efforce de préciser les rapports de la psychanalyse et de la religion. Personne, estime-t-il, n'a le droit de pénétrer dans les ressorts profonds du positivisme rationaliste de Freud dont la vie a été par ailleurs un effort constant sur lui-même, en vue d'améliorer son éthique personnelle. Les vues psycho-pathologiques de Freud concernant le caractère névrotique de certaines positions religieuses personnelles sont pleines de sens clinique. Elles ne lui permettaient pas d'en induire à des généralisations qui, dans L'avenir d'une illusion font de la religion une névrose collective. Zilboorg remarque que ceux qui s'occupent de sciences dites exactes sont plus volontiers religieux que les psychologues et les sociologues dont le narcissisme se trouve exaspéré par le sentiment de puissance que leur confèrent leurs possibilités d'action. L' «Eros» freudien est fort compatible avec «l'agapè» chrétien. De toute manière, on peut considérer avec Karl Stern que «la philosophie athée de Freud est un accident historique tragique, mais c'est un accident».
Nous n'avons voulu ici qu'exposer la thèse de l'auteur, sans en présenter une analyse critique qui devrait faire l'objet d'un travail étendu. Ma