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D'importants changements sont intervenus durant ces dernières décennies, surtout aux U.S.A. dans la conception et la pratique des relations de la mère et de la famille tout entière avec l'enfant. L'auteur s'attache à montrer la part culturelle intervenant dans la structure et la dynamique du «nursing couple». Contrairement à ce qu'on rêve souvent, la naissance dans les peuplades «primitives», pour «naturelle» qu'elle soit, est entourée de comportements rituels hautement stylisés (ainsi que le note justement l'auteur, ce que nous concevons comme naturel n'est jamais en définitive que ce que la génération antérieure à la nôtre a établi).
«Les formes du comportement maternel et filial dans les groupes humains primitifs montrent que l'adéquation biologique établit des rapports avec les conditions de vie et de survie optimum.» Si un enfant ne tète pas correctement, l'anxiété résultante de la mère est considérée comme inadéquate; c'est certes une mauvaise réaction de nourrice; mais M. Mead estime que la mère dispose de deux réactions «biologiquement adéquates», dont l'une conduit à la vie et l'autre à la mort de l'enfant. En cas de cercle vicieux de l'allaitement entre la mère et l'enfant, celui-ci meurt, à moins que des pratiques culturellement organisées (adoption, nourrices), ne l'en empêchent. A l'état primitif biologique, l'existence du cercle vicieux de l'allaitement opère une rigoureuse sélection au sein des «nursing couples». La civilisation a consisté à corriger les «défauts» naturels par des artifices.
D'autre part, de nombreuses potentialités biologiques n'ont pas été exploitées durant longtemps: ainsi les possibilités «maternelles» des hommes (des pères); exploitées dans certaines populations primitives, elles le sont de nouveau de nos jours, en raison des conditions actuelles et économiques de la vie américaine, après avoir été laissées de côté durant des siècles.
Mead étudie encore les réactions de l'enfant en présence des étrangers (cf. Spitz). Elle a montré n