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L'auteur part du rappel que même les plus habiles analystes ont des cas difficiles et des échecs. Il se demande pourquoi et fait appel à la théorie de l'efficience thérapeutique de la psychanalyse; si cette théorie est assez incertaine, une chose est sûre, c'est que toute notre conception et notre stratégie de l'analyse est basée originellement sur l'étude de malades qui ont tendance à intérioriser leurs conflits et leurs mouvements pulsionnels, qui sont capables d'appréhender comme tels et d'accepter les interprétations, d' «élaborer» (working through) et d'entendre le langage verbal. Mais tous les malades ne sont pas ainsi.
Bahnt décrit alors une distinction entre deux catégories de malades, ou plus exactement deux «niveaux» de structure psychique.
Le niveau ou le champ œdipien se caractérise ainsi: tout s'y passe dans une relation triangulaire, même ce qui n'est pas spécifiquement génital; en second lieu, le fait «œdipien» est conflictuel; en troisième lieu, le langage adulte est à ce niveau un mode de communication valable et sûr.
Balint décrit un autre niveau qu'il nomme celui du défaut de base (basic fault). Tout s'y passe dans une relation exclusivement duelle, toute différente des relations humaines habituelles; les forces agissantes ne sont pas de nature conflictuelle; et enfin le langage adulte est ici inutile ou trompeur.
Au niveau du défaut de base, si la satisfaction est éprouvée sans intensité particulière — comme lorsque nous avons de l'air pour respirer — la frustration est intensément éprouvée comme insupportable — comme lorsque nous suffoquons. Au reste, le sujet ne se soucie nullement des intérêts et désirs personnels de l'objet, qui pour lui, à ce niveau, n'existent pratiquement pas.
Devant un malade qui se meut et se place au niveau du «défaut de base», l'analyste est fortement sollicité de sortir de sa fonction de miroir et d'interprète. Rien de ce qu'il dit n'est vraiment pris par le patient comme une interprétation. C'est le patient qui interprète