You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Tant que l'on reste au niveau de l'expérience brute et de sa communication spontanée, l'utilisation du vocable de psychosomatique rencontre un accord tacite. N'est-ce pas que pour chacun il désigne une réalité dont l'originalité s'impose, mais va de pair avec l'imprécision de ses limités et l'incertitude de sa structure? Tant qu'il est employé de façon pragmatique, aucune des difficultés internes qu'il implique n'émerge. Aussi bien l'attention n'est-elle pas alors dirigée vers celles-ci; le terme en cause n'est rien d'autre que le vecteur d'une intuition clinique radicale, qui apparaît sous une incidence allusive.
Vient-on, sous la pression d'obstacles surgis dans la communication et l'explication, à opérer un retour réflexif, une brusque distance s'établit, en même temps que s'actualisent les problèmes qui, jusque-là, restaient virtuels. Ainsi, au moment même où l'intérêt est invinciblement attiré vers leur source, la référence immédiate à l'expérience clinique première n'est plus possible: il faudra désormais préserver le contact avec elle, mais cela ne se fera jamais que par des intermédiaires qui, eux-mêmes, le menaceront sans cesse.
Le recours nécessaire à ces intermédiaires, l'éloignement et la fragmentation par rapport à l'expérience originelle, qui en sont corrélatifs, aboutissent à des vices de conceptualisation et d'expression — qui semblent nourrir bien des désaccords entre écoles — et à un morcellement des champs de recherche, où d'aucuns voient la cause de toutes les impasses et de toutes les contradictions dans le domaine de la médecine psychosomatique. Ainsi H. Ey souligne-t-il volontiers «les incohérences et les confusions des notions (utilisées)» de même que «les raisons profondes des difficultés conceptuelles» dans lesquelles les divers mouvements psychosomatiques se débattent (1). Ainsi A. W. Mac