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J'avoue que je suis quelque peu embarrassé en faisant cette présentation de mon rapport, présentation qui, d'ailleurs, ne peut qu'être un bref résumé.
Mon rapport a été limité d'avance à la partie théorique de la dépersonnalisation, la partie clinique ayant été réservée au Dr Bouvet.
Le Dr Bouvet, comme vous l'aurez déjà vu et comme vous pourrez le constater au cours de ce Congrès, a fait un rapport vraiment magistral, riche en expériences personnelles et en observations pénétrantes.
Mon rapport présente le défaut d'apparaître mutilé de la démonstration clinique, nécessaire à tout exposé de conceptions théoriques, et le résumé que je viens d'en faire risque d'apparaître encore plus abstrait et dogmatique.
J'espère, pourtant, que vous voudrez bien intégrer les idées énoncées dans mon rapport par la démonstration clinique, non exprimée mais non absente, et que vous voudrez écouter avec bienveillance cette présentation qui vous semblera par endroits tantôt trop évidente, tantôt aride, tantôt assertive.
Dans la première partie de mon rapport, j'ai cherché à examiner la phénoménologie de la dépersonnalisation, ainsi qu'elle se présente à notre observation, et j'ai relevé, ce qui a d'ailleurs été observé par presque tous les auteurs, qu'il s'agit d'un : « État pathologique caractérisé par la perception d'un changement soit dans le monde extérieur, soit dans le sujet lui-même. » Dans le premier cas, le malade conserve l'intégrité de ses perceptions sensorielles, mais les choses prennent, pour lui, un aspect nouveau, étranger, grimaçant, comme un rêve. Si le changement réside en lui-même, ses paroles, ses actes lui semblent