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Notre ami Maurice Bouvet est mort le 5 mai 1960, à Paris.
L'inhumation a eu lieu le 10 mai au cimetière d'Ussel (Cantal).
De très nombreuses marques de sympathie nous ont été témoignées, soulignant encore l'étendue de l'affection et de l'admiration dans lesquelles on tenait notre ami.
La Société psychanalytique de Paris a rendu un hommage à Maurice Bouvet le 14 juin, à l'hôpital Sainte-Anne.
Quelques semaines déjà se sont écoulées depuis que la nouvelle de la mort de Maurice Bouvet s'est abattue sur nous avec la brutalité que prend souvent le malheur.
L'émotion qui nous a tous saisis si vivement a fait place à une tristesse qui ne cesse de s'approfondir, à un regret toujours croissant d'une perte que nous savons irréparable.
La psychanalyse perd en lui un maître, et nous, nous perdons en lui l'ami sûr, discret, loyal qu'il était pour chacun de nous. Il avait cette vraie courtoisie qui vient du cœur et qui refuse la haine : aussi ne lui ai-je pas connu d'ennemi.
Nul ne s'étonnera que ses malades soient inconsolables d'avoir perdu un médecin dont le dévouement et la bonté leur étaient infiniment précieux. Et ses élèves regrettent un maître admiré, qui se montrait parfois exigeant mais qui les guidait avec sûreté, tant dans l'apprentissage de notre métier que dans le domaine de la pure recherche.
Ses collègues avaient en lui un contradicteur toujours affable mais ferme dans la défense de ses idées. Ses travaux ont été pour chacun de nous une source de stimulation féconde.
Mais je laisse à d'autres le soin de vous dire tout à l'heure ce que fut son œuvre et la place qu'elle occupe dans les travaux psychanalytiques.