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A l'heure où vous allez commémorer le souvenir de notre collègue Maurice Bouvet, je voudrais, au nom du Comité de l'Association internationale de Psychanalyse vous exprimer notre sympathie pour le deuil qui vient de vous frapper et vous assurer que notre Comité ressent et partage la grande perte que vous avez faite en la personne de ce jeune maître.
Le rayonnement de l'œuvre de Maurice Bouvet s'étend bien au delà de la France, tous les psychanalystes de pays romans aimaient à l'entendre et à le lire. Ils n'étaient pas les seuls, en Angleterre et en Amérique, ses travaux étaient souvent cités et ils le seront de plus en plus.
En effet, au cours de ces dernières années, Bouvet a écrit une série de travaux du plus haut intérêt que d'autres évoqueront ce soir avec plus de détails. Son originalité a consisté à éclairer la multiplicité des études psychanalytiques sous le jour des relations humaines, marquant ainsi que l'essentiel des troubles névrotiques était dû à une désadaptation sociale.
Assurément que les thèses fondamentales de sa doctrine se trouvent déjà dans l'œuvre de Freud, mais il avait opéré, avec le génie qui lui était propre, une nouvelle synthèse singulièrement pénétrante en décrivant pour chaque névrose les traits caractéristiques de la relation d'objet. Il joignait à une observation minutieuse un souci de clarté qui lui permettait d'enrichir tous les sujets qu'il abordait, même lorsque ceux-ci avaient déjà fait l'objet de nombreuses études. Sa dialectique serrée le contraignait à faire état à l'avance de toutes les objections qu'on pourrait lui faire et à approfondir chacune de ses pensées dans toutes les directions où elles demeuraient fécondes.
Dans ses démonstrations si rigoureuses et méthodiques, rien n'était laissé au hasard, chaque mot était pesé, chaque idée longuement mûrie. Sa pensée ne s'éparpillait pas au gré de sa fantaisie, il la comparait consciencieusement avec celle d'autrui, rendant justice à tous ses