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Frappé à la veille de son départ pour Rome où il devait présenter son rapport intitulé Dépersonnalisation et relations d'objet, au XXIe Congrès des Psychanalystes de Langues romanes, Maurice Bouvet est mort le 5 mai 1960. Son absence au Congrès le privait du succès qui l'attendait ; elle nous enlevait la joie de lui témoigner publiquement notre amitié et notre estime pour l'œuvre admirablement équilibrée et longuement mûrie dans laquelle se retrouvaient, une fois de plus, toutes les qualités par lesquelles il s'était imposé dans notre famille psychanalytique en moins de dix ans.
Ce deuil affecte profondément notre groupe. Aussi nous voici réunis pour un dernier adieu à l'ami qui nous quitte. Mon propos se limitera à l'évocation des grandes lignes de sa carrière.
Maurice Bouvet est né le 14 août 1911, à Eu dans la Seine-Maritime. Son père d'origine picarde, sorti dans un rang brillant de l'École Polytechnique, fit une carrière d'officier d'artillerie. En garnison à Clermont-Ferrand, il épousait une jeune fille de la région. Le petit village d'Ussel dans le Cantal, où se trouvait la maison maternelle, devint ainsi le foyer permanent de ses parents, le lieu de tous les départs et celui de tous les retours;
De la Normandie et de la Bretagne où se déroula sa première enfance, il gardait un souvenir émerveillé ; aussi aimait-il y retourner.
C'est à Clermont-Ferrand, au collège Massillon, qu'il poursuit ses études classiques : il se révèle et restera, durant toute sa scolarité, un excellent élève. C'est aussi dans cette ville qu'il commença ses études médicales. Dès lors, les concours toujours brillamment passés jalonnent sa carrière médicale. Externe en 1931, interne en 1932, il est plus particulièrement l'élève des Prs Chaumerliac et Jean Castaigne. Avec ce maître, il complétera sa formation clinique par la pratique